Après une légère accalmie au mois d’août, le prix du gaz repart à la hausse en septembre 2026. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié son nouveau prix repère de vente du gaz naturel : il atteindra 172,05 € TTC par mégawattheure en moyenne, contre 162,89 € en août. Cela représente une progression de 5,6 % en un mois.
Cette évolution ne signifie toutefois pas que la facture de tous les ménages français augmentera automatiquement de 5,6 %. Depuis la disparition des tarifs réglementés du gaz, les fournisseurs déterminent librement leurs offres. L’impact dépend donc du contrat souscrit, mais aussi de la consommation du logement.
Pour les foyers dont le contrat est indexé sur le prix repère, la hausse pourrait néanmoins commencer à se faire sentir dès le 1er septembre 2026, à quelques semaines du retour des besoins de chauffage.
Le prix repère du gaz augmente de 5,6 % en septembre
Chaque mois, la CRE publie un prix repère de vente du gaz naturel (PRVG) destiné aux consommateurs résidentiels. Pour septembre 2026, celui-ci s’établit en moyenne à 172,05 €/MWh TTC, contre 162,89 €/MWh TTC en août.
L’évolution récente montre un marché particulièrement mouvant. En juillet, le prix repère avait déjà progressé de 7,4 % TTC, avant de reculer légèrement de 0,8 % en août. Septembre marque donc un nouveau mouvement à la hausse.
Pour comprendre ce que cela représente concrètement, il faut cependant regarder séparément le prix de l’abonnement et celui du gaz effectivement consommé.
Combien coûtera le kWh de gaz en septembre 2026 ?
Pour un ménage utilisant le gaz pour la cuisson et l’eau chaude, le prix moyen de référence du kWh passe d’environ 0,15848 € TTC en août à 0,16757 € en septembre.
Pour un foyer utilisant le gaz pour le chauffage, l’évolution est plus marquée : le prix moyen passe d’environ 0,12558 € à 0,13474 € TTC/kWh. L’abonnement de référence reste en revanche stable, à 152,46 € par an pour la cuisson et l’eau chaude et à 360,79 € pour le chauffage.
| Prix repère TTC | Août 2026 | Septembre 2026 |
|---|---|---|
| Prix repère moyen | 162,89 €/MWh | 172,05 €/MWh |
| kWh cuisson/eau chaude | 0,15848 € | 0,16757 € |
| Abonnement cuisson/eau chaude | 152,46 €/an | 152,46 €/an |
| kWh chauffage | 0,12558 € | 0,13474 € |
| Abonnement chauffage | 360,79 €/an | 360,79 €/an |
Ces montants constituent des références et non un tarif obligatoire appliqué par l’ensemble des fournisseurs.
Pourquoi le prix du gaz augmente-t-il ?
La principale explication vient des coûts d’approvisionnement en gaz.
La CRE publie également une référence représentant les coûts d’approvisionnement supportés par les fournisseurs. Celle-ci passe de 44,77 €/MWh en août à 52,30 €/MWh en septembre 2026, soit une augmentation d’environ 16,8 %.
Cette référence est directement liée à l’évolution des marchés de gros. Son calcul repose à 80 % sur un indice mensuel et à 20 % sur un indice trimestriel, ce qui permet de répercuter les mouvements récents du marché tout en conservant une part moins sensible aux fluctuations immédiates.
Service-Public indique que la hausse de septembre intervient dans un contexte de tensions sur le marché du gaz et de conflit persistant au Moyen-Orient.
Mais le prix de gros du gaz n’est qu’une partie de la facture finale. Il faut également financer le transport, le stockage et la distribution, auxquels s’ajoutent les coûts commerciaux des fournisseurs et les différentes taxes.
Qu’est-ce que le prix repère de vente du gaz ?
Une confusion est fréquente : le prix repère de la CRE n’est pas un tarif réglementé.
Les tarifs réglementés de vente du gaz ont disparu le 30 juin 2023. Depuis, les particuliers doivent souscrire une offre de marché auprès du fournisseur de leur choix.
La CRE publie néanmoins chaque mois son prix repère afin de donner aux consommateurs un point de comparaison. Il représente une estimation du niveau auquel pourrait se situer une offre construite en tenant compte des différents coûts supportés par un fournisseur.
Un fournisseur peut proposer un prix inférieur, proche ou supérieur à cette référence. Il peut également commercialiser une offre dont le prix évolue en fonction du PRVG.
Le prix repère est donc surtout une boussole permettant de comparer les contrats de gaz plutôt qu’un tarif imposé aux consommateurs.
Qui verra réellement sa facture augmenter en septembre ?
C’est probablement le point le plus important pour les ménages : tout le monde ne subira pas la hausse de la même manière.
Les consommateurs disposant d’une offre indexée sur le prix repère de la CRE sont les plus directement concernés. Lorsque la référence évolue, le prix prévu par leur contrat peut suivre cette évolution selon les modalités fixées par le fournisseur.
Et ces contrats représentent une part importante du marché. Selon un bilan publié par la CRE en juin 2026, près de 60 % des consommateurs résidentiels de gaz disposent d’une offre indexée sur le PRVG ou sur la référence des coûts d’approvisionnement.
La situation est différente avec une offre à prix fixe. Dans ce cas, le prix de la fourniture est généralement bloqué pendant la période définie dans le contrat. Une variation mensuelle du prix repère ne signifie donc pas automatiquement une augmentation équivalente du tarif facturé.
Il reste nécessaire de consulter les conditions de son offre, car ce qui est réellement « fixe » peut varier selon les contrats : certaines composantes de la facture peuvent continuer à évoluer.
Quel impact concret sur la facture d’un ménage ?
Pour un logement chauffé au gaz, la différence entre août et septembre atteint environ 0,00916 € par kWh consommé, sur la base des valeurs moyennes du prix repère.
Cela peut sembler faible lorsqu’on regarde un seul kilowattheure. L’effet devient plus visible lorsque la consommation augmente.
À titre d’illustration, 500 kWh consommés représenteraient environ 4,58 € supplémentaires sur la seule part liée à la consommation par rapport au prix repère d’août. Pour 1 000 kWh, l’écart atteindrait environ 9,16 €.
Ces exemples ne constituent pas une prévision de la facture réelle d’un foyer. La consommation de gaz dépend fortement du logement, de son isolation, de la météo et des habitudes des occupants. Le contrat souscrit auprès du fournisseur reste également déterminant.
En septembre, l’impact peut encore rester relativement contenu pour certains ménages puisque la saison de chauffe n’a généralement pas pleinement commencé. Une hausse durable des prix deviendrait en revanche plus sensible durant l’automne et l’hiver, lorsque les chaudières fonctionnent davantage.
Comment savoir si son contrat est concerné ?
Avant de s’inquiéter d’une hausse de 5,6 %, le premier réflexe consiste donc à regarder sa dernière facture ou son contrat de fourniture.
Il faut notamment identifier si l’offre est à prix fixe ou indexé et, dans ce dernier cas, connaître précisément l’indice utilisé. Une offre peut être indexée sur le prix repère de la CRE, sur une autre référence ou selon des modalités propres au fournisseur.
Il est également intéressant de regarder séparément le prix du kWh et celui de l’abonnement. Une offre affichant un kWh attractif n’est pas nécessairement la moins chère une fois l’abonnement et les autres conditions pris en compte.
La CRE souligne d’ailleurs que la concurrence produit des écarts significatifs entre les contrats. En juin 2026, elle estimait que 84 % des consommateurs résidentiels payaient un prix inférieur ou proche du PRVG moyen, tandis que certaines offres restaient sensiblement plus coûteuses.
Peut-on changer de fournisseur de gaz ?
Un particulier peut comparer les offres disponibles et changer de fournisseur sans frais. La CRE recommande d’ailleurs aux consommateurs disposant des contrats les plus coûteux d’examiner les offres proposées sur le marché.
Il faut toutefois éviter de choisir uniquement en fonction d’une promotion ou du prix affiché à un instant donné. La durée d’un éventuel prix fixe, les modalités d’indexation, le montant de l’abonnement et les conditions de révision tarifaire sont tout aussi importants.
Le Médiateur national de l’énergie met à disposition un comparateur indépendant des offres d’électricité et de gaz, qui permet de confronter les contrats proposés selon le profil de consommation du logement.
Une hausse à surveiller à l’approche de l’automne
Le passage du prix repère moyen de 162,89 à 172,05 €/MWh TTC constitue une hausse notable, mais son effet immédiat doit être relativisé en fonction du contrat et de la consommation de chaque ménage.
Le mouvement mérite néanmoins d’être surveillé. Le coût d’approvisionnement de référence des fournisseurs remonte fortement en septembre, alors que les besoins en chauffage devraient progressivement augmenter au cours des mois suivants.
Pour les ménages disposant d’une offre indexée, septembre est donc un bon moment pour vérifier les conditions de leur contrat, comparer leur prix du kWh avec le prix repère et examiner les offres concurrentes. Ceux qui bénéficient d’un prix fixe ont, de leur côté, intérêt à vérifier la date de fin de cette garantie et les conditions qui s’appliqueront ensuite.
La hausse annoncée au 1er septembre ne signifie donc pas que toutes les factures augmenteront mécaniquement de 5,6 %. Elle constitue surtout un nouveau signal de la volatilité du marché du gaz et rappelle l’intérêt de connaître précisément le fonctionnement de son contrat.

